Un film de science fiction, je suis forcément preneur même si ce dernier met en vedette Amy « Lois Lane » Adams qui dévoile un rôle beaucoup plus profond que celui du simple « love interest » de notre très cher « Homme d’acier » également connu sous le sobriquet de Superman. Donc, faisons table rase de sa précédente incarnation cinématographique pour nous plonger dans l’adaptation d’un livre de science fiction de Ted Chiang publié en 1998: Story of your life (L’histoire de ta vie).
Synopsis:
Lorsque de mystérieux vaisseaux venus du fond de l’espace surgissent un peu partout sur Terre, une équipe d’experts est rassemblée sous la direction de la linguiste Louise Banks afin de tenter de comprendre leurs intentions.
Face à l’énigme que constituent leur présence et leurs messages mystérieux, les réactions dans le monde sont extrêmes et l’humanité se retrouve bientôt au bord d’une guerre absolue. Louise Banks et son équipe n’ont que très peu de temps pour trouver des réponses. Pour les obtenir, la jeune femme va prendre un risque qui pourrait non seulement lui coûter la vie, mais détruire le genre humain…
Date de sortie:7 décembre 2016 (1h 56min)
De :Denis Villeneuve
Avec :Amy Adams, Jeremy Renner, Forest Whitaker…
Genre :Science fiction
Nationalité:Américain (Sources : AlloCiné)

Pour commencer, il est évident que le pitch de départ est quelque peu vu et revu. Il pourrait étrangement rappeler un « Rencontre du 3ème type » ou pourquoi pas un « Le jour où la terre s’arrêta » version 1951 ou 2008 et bien d’autres classiques du genre. Des films qui ont certainement inspiré le réalisateur Denis Villeneuve mais surtout l’auteur Ted Chiang dans l’écriture de son roman qui a obtenu le prix Nebula* en 1999. (*Prix littéraire américain décerné chaque année par la Science Fiction and Fantasy Writers of America à l’œuvre de science-fiction ou de fantasy jugée la plus novatrice).
Ainsi, le réalisateur québécois nous dévoile une histoire plus profonde et plus humaine qu’il n’y paraît n’utilisant les rouages de la SF que pour servir sa narration sans trop d’artifice mais chut, on ne spoile pas.

En tête d’affiche, je demande donc Amy Adams qui joue la linguiste investie « Louise Banks ». Cette dernière est un personnage plus fort qu’il n’y paraît n’ayant pas peur d’affirmer ses opinions et de prendre les devants. Amy Adams joue plutôt juste et arrive à rester en équilibre entre le côté décidé de cette linguiste et cette fausse fragilité que l’on peut lui attribuer. Franche et critique sur elle-même, elle n’a pas peur d’avouer son ignorance ou son incapacité à créer des liens avec les autres alors qu’elle étudie les différentes formes de communication humaine et pour ce cas précis non-humaine. Son destin est double et pourtant unique et c’est ce cheminement vers la découverte d’une destinée qui implique plus d’une personne que nous dépeint Amy Adams. Elle incarne ainsi différents états dont l’ignorance, la peur, la joie, l’incompréhension, l’audace, l’acceptation mais jamais la résignation.

A l’inverse, le professeur Ian Donnely incarné par Jeremy « Oeil de faucon » Renner campe un scientifique qui sera le parfait opposé et de ce fait l’idéal complément de notre linguiste. Enjoué, et taquin il est la caution légère d’un film qui se veut grave et sérieux. Il est le soutien idéal d’Amy lui permettant d’évacuer un peu les tensions et la pression mais surtout il devient petit à petit son plus fidèle soutien. « Deux têtes valent mieux qu’une » et Jérémy Renner sans être exceptionnel rempli bien son office.

La troisième tête d’affiche et certainement pas des moindres est l’incarnation martial que représente Forest Whitaker que j’avais quitté en très mauvaise posture dans Rogue One. Ici, il est le colonel Weber n’attend qu’une chose de toute notre joyeuse troupe de scientifique : des réponses sur le pourquoi du comment. Et surtout, à quelle sauce, l’humanité doit-elle s’attendre à être mangée.Un rôle rigide maintes fois vu qui ne force aucunement le talent de Forest. Il fallait une figure autoritaire pouvant malgré tout paraître paternelle.

Que dire sur les « heptapodes » sans trop en raconter. Ils sont complexes, beaucoup plus qu’on ne le voit au premier abord. Je pense que dans mon imaginaire je les ai comparé « aux mains de dieu ». Des mains qui savent tout, qui peuvent beaucoup mais qui se retrouvent en parfaite incapacité de se faire clairement comprendre des humains et inversement. On en a certainement pas eu assez de ses heptapodes mais le cœur de l’histoire est ailleurs tout en étant là.

Arrival fait parti de ces films à la réalisation plutôt léchée. Denis Villeneuve est un savant-réalisateur à qui on apprend plus à faire la grimace. Il sait user de plans simples mais diablement efficaces où les détails sont mis en avant à travers l’oeil de la caméra. Entre froideur et chaleur, entre rugosité et intangibilité, la pellicule capture de nombreuses textures et émotions qui vous sont offertes dans un puzzle visuel que l’on prend plaisir à regarder. Et même si parfois, le rythme peut paraître plus long qu’on le souhaite, on finit tout de même par se dire à la fin, que l’on a vu qu’une facette de cette histoire fragmentée.
« Premier Contact » n’est pas qu’un film de science fiction.Il s’agit d’un film qui se sert habillement de ce genre codifié pour raconter une histoire dont les ramifications s’enracinent profondément dans l’âme humaine et dans son rapport avec le temps et le destin. Mais je ne vais pas en dire plus car je risquerais de vous gâcher la découverte. Apprendre à communiquer, permet d’en apprendre plus sur soi, hier, aujourd’hui, demain.


