Chronique: A quiet place (Sans un bruit)

Après le film Get Out de Jordan Peele, A quiet place peut être vu comme une très bonne surprise de l’acteur et réalisateur John Krasinski. Ce film à la saveur très angoissante, voir horrifique saisit son public dès sa bande-annonce. Plongé dans l’Amérique profonde, nous suivons le quotidien pour survivre d’une famille qui doit affronter une menace implacable. Sans un bruit, je vous dévoile le fond de ma pensée garanti sans spoiler.

Date de sortie : 20 juin 2018 (1h 30min)
De : John Krasinski
Avec : Emily Blunt, John Krasinski, Millicent Simmonds, Noah Jupe…
Genres : Thriller, Epouvante-horreur
Nationalité : Américain (Sources : AlloCiné)

Synopsis :

2020. Dans un monde post-apocalyptique, les rares survivants vivent sous la menace de créatures très sensibles aux sons. Ils doivent ainsi demeurer dans le silence. Une famille du Midwest va devoir lutter pour survivre, avec une mère sur le point d’accoucher.

A Quiet Place (Sans un bruit) par John Krasinski - 2018 (sources : Paramount Pictures)

Ainsi, nous faisons un bond dans le futur de 2 ans; bienvenue en 2020 dans une Amérique silencieuse. Dans ces terres désolées du Midwest, une famille tente de survivre tant bien que mal face à une menace violente, sauvage qui force à la prudence la plus extrême. Il n’y a pas de préambule, il n’y a pas d’introduction, le film commence en nous plongeons directement dans cette réalité. Le monde tel qu’on le connaissait n’est plus, la société active et bruyante n’existe plus. Une catastrophe a eu lieu et on ne sait pas pourquoi et l’on ne connait pas son origine. Mais désormais, chaque être humain vit avec une épée de Damoclès sur la tête. Et c’est là que toute la symbolique s’impose car pour que cette épée tombe avec fracas ; il suffit d’un son. Un simple bruit anodin qui se révèle toujours trop fort car il peut être entendu. Entendu par cette menace qui rode à l’affût et qui ne dort pas.

A Quiet Place (Sans un bruit) par John Krasinski 2018 (sources : Paramount Pictures)

Le pitch n’est donc pas révolutionnaire de par ses principaux protagonistes. Nous avons ainsi d’un côté une famille d’humain et de l’autre, une menace à tendance anthropophage. Ici, point de zombie mais un danger plus animale, tout aussi bestiale, quelque peu monstrueuse et mystérieuse. Un jeu de cache-cache face à cette menace qui n’est pas clairement identifiable pour le public avant le dernier acte du film. On se retrouve ainsi plongé dans un scénario qui ne dénote pas aux premiers abords des classiques du genre. Pourtant il en renouvelle l’intérêt et la tension créée grâce à la façon dont cette famille doit survivre contre l’adversité mais également contre elle-même.

 

A Quiet Place (Sans un bruit) par John Krasinski 2018 (sources : Platinum Dunes)
This image released by Paramount Pictures shows Noah Jupe, from left, Millicent Simmonds and John Krasinski in a scene from « A Quiet Place. » Horror has emerged as one of the most bankable and inventive genres for a Hollywood desperate for hits. The $50 million debut of John Krasinksi’s « A Quiet Place » suggests horror’s big 2017 has carried over to 2018.(Jonny Cournoyer/Paramount Pictures via AP)

Le casting joue un rôle essentiel dans l’histoire de cette famille qui se bat pour rester uni dans cet environnement plus dangereux que jamais. Le réalisateur John Krasinski joue le père de famille Lee Abbott et qui mieux que sa compagne dans la vie réelle pouvait mieux jouer son épouse et mère de famille ? Ainsi, Emily Blunt joue Evelyn Abbott; cette moitié qui doute de cette vie et de sa capacité à protéger ses enfants. Les deux parviennent parfaitement à faire vivre les émotions qui les lient malgré le peu de mots prononcés. Mais c’est surtout Emily Blunt qui verra son personnage monter en puissance tout au long du film. Si elle s’évertuait à beaucoup se reposer sur son mari pro de la survie, elle s’émancipe pour elle aussi montrer les crocs.

A Quiet Place (Sans un bruit) par John Krasinski 2018 (sources : Paramount Pictures)

A Quiet Place (Sans un bruit) par John Krasinski 2018 (sources : Paramount Pictures)


L
’autre belle surprise du casting n’est pas le talentueux  Noah Jupe (Marcus Abbott) mais bien Millicent Simmonds qui joue la grande sœur de cette fratrie, Regan Abbott. Pleine de talent, de sensibilité et surtout de caractère, elle en impose de sa présence mutine et fragile qui se sent incomprise des siens. Pourquoi ? Je ne vous le dirais pas ici sauf si vous ne souhaitez pas subir un spoile en bonne et due forme. Un casting équilibré qui évolue au fur et à mesure de l’histoire. Les créatures font également partie de ce casting et même sans les voir pendant les 2/3 du film ; elles s’avèrent être une menace étouffante dont la dangerosité n’est plus à prouver. Mais chut…

Du côté de la réalisation, il n’y a pas grand-chose à redire. La scénarisation fait monter la tension crescendo après un départ en trombe et on en oublie presque les clichés du genre. Une belle photographie pour cette Amérique du Midwest, avec un regard poétique sur bien des plans. Des scènes de vie familiale tout en silence passent le flambeau à des scènes ou la survie est la seule issue. Un changement de ton, brutal qui nous rappelle que l’on est pas dans un simple drame familiale. La maîtrise est de mise pour John Krasinski qui signe ici un film d’angoisse matinée d’horreur de bonne facture et à l’ambiance unique. Merci à l’interprétation des acteurs et à une bande-son qui sait faire monter la tension et accompagner magnifiquement les différentes ambiances du film. On regrettera peut-être une fin quelque peu classique mais je vous laisse seul juge de ce ressenti.

 

A Quiet Place (Sans un bruit) par John Krasinski 2018 (sources : Paramount Pictures)
A QUIET PLACE Director John Krasinski on set

A quiet place est donc un film qui m’a laissé un souvenir agréable. C’est une bonne surprise chargée comme il faut d’angoisse et de tension. Ce film ne révolutionne pas le genre, mais apporte un traitement différent dans sa construction et dans le contexte. Un équilibre parfait avec deux tonalités qui s’affrontent illustrant parfaitement le quotidien de cette famille de rescapés. Ne vous attendez-pas à avoir des réponses sur le pourquoi du comment, mais suivez simplement une aventure de survie familiale ou le silence est une question de vie ou de mort.

A Quiet Place (Sans un bruit) par John Krasinski 2018 (sources : Paramount Pictures)

 

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